Inondations, un an après, Castétarbe a encore peur.

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Photo: La République des Pyrénées.

 

Les pluies, le gonflement des ruisseaux, la montée du Gave, les souvenirs désagréables du printemps 2013, remontent encore facilement à la surface à Castétarbe, notamment sur le petit pôle commercial route de Bayonne. Il y a un an, dans la nuit du 18 au 19 mai, une féroce coulée d’eau boueuse avait  » traversé » les magasins, depuis le chemin Lacazette, avec à sa traîne des dégâts monstres et d’importants préjudices. Les professionnels avaient été touchés. Des proches riverains aussi. Tellement que la Ville, en catastrophe, avait fait construire une digue pour protéger certaines maisons le long de la voie ferrée. Digue toujours présente aujourd’hui.

Douze mois et quelques jours plus tard, un sentiment de crainte règne encore. « Toujours, oui. Dès qu’il y a une grosse pluie, surtout en cette période, on pense aux risques de débordement », confirme Joël San Augustin de BPSI. Si ce dernier a choisi de rester, il a par contre laissé en hauteur tous les meubles qu’il avait surélevés. Quant au sol, son parquet flottant fichu, il va le remplacer par du carrelage. « L’an passé, cela avait eu un caractère vraiment exceptionnel (le cas précédent remontait à 2009, NDLR). Mais il faudrait vraiment se pencher sur l’écoulement de l’eau sous la route. Revoir le format de la buse avant de penser au dimensionnement d’un lac de rétention (option étudiée par la Ville, voir zoom) », estime-t-il.

Chez sa voisine de Mil’Occaz, qui venait à peine d’ouvrir quand l’inondation a frappé, même appréhension à chaque grosse intempérie. « On vit avec une boule au ventre », confie Jessica Leberthier qui ne veut toutefois pas se décourager alors que son commerce fonctionne bien. « Je fais des aménagements, dans le magasin et dans la réserve, moi aussi j’essaie de tout garder en hauteur. » La commerçante déplore cependant que, depuis, les risques n’aient pas été écartés définitivement, « on a besoin d’être rassurés », clame-t-elle.

D’autres n’en sont même plus à ces considérations. Côté cuisines n’a jamais remis les pieds dans son local. Local qui va d’ailleurs reprendre vie d’ici quelques semaines avec l’arrivée d’une nouvelle enseigne. Médical Services, très vite, avait lui aussi exprimé le souhait de quitter le pôle après de nouvelles grosses pertes. Comme nous l’écrivions en septembre, le magasin va rallier la zone de l’échangeur et intégrer le bâtiment qui abritait auparavant Ortho 33. Un déménagement qui a lieu… ce week-end : Médical Services sera fermé vendredi et samedi pour rouvrir du côté de Biron mardi 10 juin.

Finalement, seul au magasin de surgelés Gel 2000, on semble moins inquiet. « Mi-janvier, on a eu à nouveau une grosse alerte. Le ruisseau était encore monté très haut et j’ai passé une nuit de cauchemar. C’était pire que l’an dernier et pourtant ça n’a pas débordé. Apparemment, des nettoyages ont été faits et le cours d’eau ne charrierait plus de saletés venant boucher la buse. ça m’a rassuré », témoigne le responsable local Robert Peyroulan qui avait toutefois appliqué le principe de précaution. « Les services techniques de la Ville nous ont aidés de façon admirable pour tout mettre sur des palettes. Reste que c’est l’accumulation des pluies qui joue. On n’est pas à la merci d’un seul orage », relève l’Orthézien.

Bassin écrêteur : le dossier pas oublié

Fin 2013, la précédente municipalité s’était dit résolue à régler le problème et avait relancé un projet de bassin écrêteur pour protéger le secteur Lacazette. L’état, convaincu des besoins, avait d’ailleurs donné l’autorisation à la Ville de réaliser des levés topographiques chez des privés. L’objectif alors : pouvoir stocker un volume d’eau estimé à 40 000 m3 et en gérer la restitution, afin que le débit envoyé en aval corresponde à la taille des réseaux. Le changement de municipalité a quelque peu retardé la suite. Mais le dossier va être pris à bras-le-corps par le nouvel adjoint Philippe Gaudet, comme il nous l’a confirmé hier. « Nous avons justement parlé de ce sujet en bureau municipal lundi. Je vais me saisir de ce dossier. Mais aussi des problèmes d’inondations à l’entrée du camping. »

Source: La République des Pyrénées.