Les phénomènes météo marquants de l’année 2019

Tempête en été, canicules exceptionnelles, pluies records… les phénomènes météo marquants de l’année 2019. L’année 2019 a été marquée par des événements météorologiques et de nombreux records en France. Retour sur une année météo mouvementée.

Pour finir l’année, mi-décembre, une tornade a balayé le village de Serres-Saintes-Marie, en Béarn. QUENTIN TOP

L’année 2019 est la 3e année la plus chaude en France depuis le début du 20e siècle. Et au-delà de cela, elle a été marquée par des événements météorologiques exceptionnels et de nombreux records. Tour d’horizon.

Des records de chaleur en février

Ciel sans nuage, températures supérieures à 25°C : la fin du mois de février a été marquée par une douceur aussi exceptionnelle que précoce. Celle-ci a atteint son paroxysme le 27, journée d’hiver la plus estivale que la France ait connue depuis 1950, avec un indicateur thermique (moyenne des températures quotidiennes de 30 stations métropolitaines) de 20,9°C, soit 10°C au-dessus de la normale.

Ce jour-là, c’est d’ailleurs dans le Sud-Ouest qu’il a fait le plus chaud et de nombreux records mensuels ont été battus en Nouvelle-Aquitaine : à La Rochelle, Cognac, Poitiers, Niort, Bergerac, Limoges. À Dax, dans les Landes, il a fait jusqu’à 27,1°C. Tandis que le record de chaleur de la journée a été relevé dans les Pyrénées-Orientales, à Eus, où il a fait 27,7°C.

Miguel, une tempête en été

Dans la nuit du 6 au 7 juin, la tempête Miguel secoue la façade Atlantique, tuant un pêcheur et trois sauveteurs au large de la Vendée, et faisant tomber des records de vent pour un mois de juin en Charente-Maritime. Sur l’île de Ré, le vent souffle jusqu’à 118 km/h alors que le précédent record était de 93 km/h, en 1981. À La Rochelle, il monte à 100 km/h contre un maximum de 86 km/h en 2000. Sur l’île d’Oléron, Météo France enregistre 124 km/h, contre 112 km/h en 2007.

La tempête Miguel, en juin dernier, a coûté la vie à trois sauveteurs de la SNSM et un pêcheur.  Crédit photo : SEBASTIEN SALOM-GOMIS AFP

Or normalement, la période la plus propice aux tempêtes en France se situe entre octobre et mars. À cette période de l’année, le courant-jet d’altitude sur l’Atlantique Nord (ou « rail des perturbations » dans lequel se développent les dépressions tempétueuses) est en moyenne plus puissant et plus proche des côtes européennes. Observer une tempête comme Miguel en juin est donc bien plus rare car le courant-jet est généralement plus faible et ondule plus au nord, avec des contrastes thermiques nord-sud moins marqués qu’en hiver sur l’Atlantique et des hautes pressions subtropicales qui remontent davantage sur le sud de l’Europe.

46°C, deux canicules

Records de chaleur pour un mois de juin, records de chaleur nocturne, et même records absolus de chaleur : entre le 25 et le 30 juin, un épisode de canicule remarquablement intense et précoce s’abat sur la France. Durant cette vague de chaleur sans précédent, un nouveau record absolu de température pour la France est mesuré à Vérargues, dans l’Hérault, avec 46°C. Si le Sud-Ouest est un peu plus épargné, une dizaine de records de chaleur sont tout de même battus. Pour la première fois, des villes de la région ont franchi la barre des 35 degrés en juin, tandis que d’autres franchissaient la barre très symbolique des 40 degrés. Des records nocturnes de chaleur tombent également, la palme revenant à Montemboeuf, en Charente, où le mercure n’est pas descendu en dessous de 27,5°C.

Avec deux canicules exceptionnelles, la France a suffoqué cet été.  Crédit Photo : PASCAL GUYOT / AFP

Puis, une seconde canicule frappe entre le 21 et le 26 juillet. Certes moins longue que celle de fin juin, cette nouvelle canicule est tout de même d’une intensité remarquable. Dans le Sud-Ouest, plusieurs villes battent des records de chaleur, de jour comme de nuit, à commencer par Bordeaux, qui, avec 25,4°C, pulvérise le record nocturne du 14 août 2003 (23,5°). Le record absolu de chaleur est également battu, avec une température de 41,2°C (contre 40,7°C le 4 août 2003). D’autres records ont été battus en Charente, Dordogne, Charente-Maritime, ailleurs en Gironde, partout en France et en Europe

Chutes de neige exceptionnelles début novembre

De 60 cm à 1,5 mètre de poudreuse en altitude, début novembre, Météo France n’avait pas vu ça depuis l’hiver enneigé 2008–2009 : 98 centimètres en cumulé sur les hauteurs de Luz-Ardiden (65) à 2 400 mètres, c’est plus qu’en novembre 2008, hiver record, où le niveau atteignait à cet endroit 87 centimètres. Quelques jours plus tard, d’abondantes chutes de neige touchent la région Auvergne – Rhône-Alpes et le sud de la Bourgogne.

 

Deux épisodes méditerranéens intenses

Après un été et un mois de septembre extrêmement secs, des pluies diluviennes s’abattent sur la France, saturant les sols. C’est dans ce contexte que deux épisodes méditerranéens se succèdent. Du 21 au 24 novembre, les remontées pluvio-orageuses touchent principalement le Var et la Côte d’Azur, avec des cumuls de 200 à 300 mm en 48 heures, et de fortes intensités en 24 heures : 150 mm à Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes), 226 mm à Entrecasteaux (Var), 239 mm à Fréjus-Mont-Vinaigre (Var).

C’est la première vigilance rouge pour le Var et les Alpes-Maritimes. Une semaine plus tard, le 1er décembre, les deux départements sont une nouvelle fois placés en vigilance rouge. Les mêmes régions sont touchées, par des cumuls de 200 mm en 48 heures, provoquant encore d’importantes inondations. Cette succession d’intempéries a fait une dizaine de morts dans le Sud-Est.

Le Luc, village du Var, sous les eaux fin novembre.  Crédit photo: AFP

 

Inondations meurtrières dans le Sud-Ouest

Le mois de novembre a été exceptionnellement pluvieux dans le Sud-Ouest, avec de nombreux records mensuels, et même tous mois confondus, comme à Mont-de-Marsan (366mm), Dax (503 mm) et la pointe de Socoa (519mm). Des cumuls mensuels de 500 millimètres, c’est du jamais vu pour une station de plaine hors Méditerranée. Dans ce contexte de sols saturés, de nombreux cours d’eau débordent lors des passages perturbés de décembre (Gave d’Oloron, Garonne…), provoquant de spectaculaires inondations, dans lesquelles quatre personnes perdent la vie. 

Les crues ont provoqués d’importantes inondations dans le Sud-Ouest, comme ici à Peyrehorade, dans les Landes.  Crédit photo : PHILIPPE SALVAT

Deux tempêtes coup sur coup

Samedi 14 décembre : la tempête Elsa et ses violentes rafales (207km/h à Iraty dans les Pyrénées), vient à peine de quitter les Pyrénées qu’une seconde arrive : Fabien, avec ses rafales proches des valeurs de Martin (1999) et Klaus (2009). Si Fabien est sans commune mesure avec ses deux tempêtes historiques, durant lesquelles les vents tempétueux s’étaient déchaînés en continu pendant des heures, Météo France enregistre tout de même lors de son passage, des rafales à plus de 140 km/h en Nouvelle-Aquitaine. 148 km/h ont notamment été relevés à Socoa (Pays Basque) et au Cap Ferret (Gironde). À Bordeaux, les rafales ont atteint 141 km/h. Une tornade balaie même le village de Serres-Sainte-Marie, dans le Béarn. Une fin d’année très agitée. 

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