Météo France se dote d’un supercalculateur.

Grâce à cette nouvelle machine, Météo France compte mieux cibler les phénomènes dangereux de petite échelle (orages, inondations soudaines) et effectuer des prévisions à quatre jours.

Le nouveau calculateur permettra de mieux prévoir les phénomènes de petite échelle comme les orages.
© PHOTO ARCHIVES QUENTIN SALINIER

 

Des prévisions météo affinées au kilomètre près, actualisées heure par heure, valable pour quatre jours au lieu de trois, c’est l’objectif à cinq ans de Météo-France. Pour cela, l’établissement public vient de mettre en service à Toulouse un supercalculateur.

  • « Mieux prévoir les phénomènes dangereux de petite échelle »

Actuellement, Météo France effectue des prévisions à trois jours. « Nous gagnons un jour de prévision tous les dix ans : le nouveau calculateur va nous donner la possibilité de prévoir le temps aussi bien à quatre jours d’échéance », a expliqué le directeur de la prévision, Jean-Marie Carrière. Et prévoir à plus longue échéance permet de mieux anticiper. Ce qui va « permettre de mieux prévoir les phénomènes dangereux, en particulier de petite échelle, les orages, les inondations soudaines ».

  • Des actualisations heure par heure ajuster les secours

 Actuellement, les calculs de prévisions sont effectués quatre fois par jour. « Grâce à cette machine, on est en train de passer à huit fois par jour et on espère avant 2016 être capables de recalculer les prévisions toutes les heures », explique Jean-Marie Carrière. « Sur des phénomènes évoluant très rapidement, passant de 50 litres d’eau à 200 litres d’eau au mètre carré par exemple, c’est très important de pouvoir ajuster et donner les informations précises aux pouvoirs public qui doivent gérer des secours ».

  • « Capable de prévoir l’emplacement d’une nappe de brouillard sur une piste d’aéroport »

Actuellement, à l’échelle de la France, le point de calcul des prévisions se situe tous les 2,5 km. Le nouveau système va permettre un « maillage beaucoup plus fin », tous les 1,3 km. La prévision à l’heure près de mini-tornades qui ravagent parfois un village sur quelques centaines de mètres restera « hors de portée« , mais on sera capable « de prévoir un risque de phénomène de ce type à l’intérieur d’un département », précise le directeur de la prévision Météo France.

Météo-France expérimente déjà des « zooms de prévision » à 500 mètres près sur l’agglomération parisienne, ou sur l’aéroport Charles de Gaulle par exemple. Le calculateur permettrait même de prévoir l’emplacement des nappes de brouillard sur telle ou telle piste de l’aéroport, selon Jean-marie Carrière.

  • Travailler sur le changement climatique

« Nous sommes un des rares établissements à développer un modèle complet à l’échelle de la Terre, intégrant l’évolution des masses glaciaires, les changements atmosphériques, la dynamique des grands fleuves. C’est l’un des meilleurs du globe », assure Philippe Bourjeault, directeur de la recherche de Météo-France, à la tête de 300 ingénieurs. Il compte sur la capacité de ces nouvelles machines pour enrichir ce travail sur le changement climatique.

  • Deux ordinateurs (français) douze fois plus puissants

Le nouveau système comprend en fait deux ordinateurs français Bull représentant une puissance de calcul multipliée par 12 par rapport aux ordinateurs japonais NEC utilisés jusqu’ici, a précisé Alain Beuraud, chef du projet calcul de Météo-France. Le premier, surnommé « Beaufixe » par les ingénieurs, a été mis en service mi-janvier. Le second sera opérationnel en avril.

La gigantesque puissance représente un « pétaflops », soit un million de milliards d’opérations par seconde. Elle en fait le 61e supercalculateur du monde, le 6e en France. Elle permet d’intégrer 20 millions d’observations par jour, soit 5 fois plus que précédemment, d’enregistrer 5 à 10 fois plus de données satellites. Cette puissance de calcul pourrait encore être doublée à l’horizon 2016.

Source: Sud-Ouest.

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